Monday, 29 April 2013

Pas de reconversion | no reconversion

Article du Marin, vendredi 26 avril 2013

Réactions des pêcheurs  sur le développement des énergies marines renouvelables en Basse Normandie | Reactions of French fishermen from Normandy to the development of marine renewables


Le Comité Régional des Pêches Maritimes de Basse-Normandie réagit aux développements attendus sur cette zone. 3 projets au moins sont envisagés. La pression économique est donc importante pour les pêcheurs de cette zone. Les promesses de création d'emplois et de retombées économiques de ces nouvelles activités s'opposent à la vision des espaces marins des pêcheurs. Pourra-t-on trouver l'axe vertueux qui permettra une bonne cohabitation de toutes ces activités ?

The regional Fishermen association from Lower Normandy reacts to the development of various marine renewables in the area. 3 projects at last are underway. Economic pressure is high for the fishermen of this area? Promesses of job creation and of positive economical impacts of such new activities oppose to the fishermens' view about the way to use marine space. Will it be possible to conciliate both interests?


English version here after


Rappelons que 3 projets sont actuellement en discussions :
  • Le parc éolien off-shore de Courseulles (premier appel d'offres éolien offshore avril 2012)
  • Le développement de sites pilotes concernant l'hydrolien en mer au large du Raz Blanchard [GDF Suez, CMN]
  • L'installation de 2 usines de construction d'éoliennes dans le port de Cherbourg sur le quai des Flamands [Alstom - ]. Cette installation est précédée d'un doublement de la capacité du terre-plein des Flamands, pour un investissement de 40 millions d'euros, livrable fin 2014.

Nous ne voulons pas de reconversion !


Daniel Lefèvre, président du comité régional des pêches, répond à un interview :


Question : Quels ont été les critères d'acceptabilité, pour les pêcheurs, du parc éolien de Courseulles, pourtant situé sur une zone de Coquilles Saint Jacques ?

Réponse : Dans l'appel d'offres, la zone couvrait 100 km² alors que le comité régional n'en avait initialement concédé que 30. Nous avons beaucoup discuté, avec EDF (Electricité de France) comme avec GDF (Gaz de France). EDF a finalement réduit la zone à 70 km² grâce à des éoliennes plus puissantes, et a beaucoup travaillé aussi sur l'ensouillement (enterrement) des câbles. La volonté d'Alstom de s'implanter à Cherbourg nous a décidés. La charte de collaboration, signée avec EDF, permet d'évaluer les impacts, notamment sur la coquille Saint Jacques, d'engager des pêches expérimentales au filet et au chalut. Une commission nautique , à l'issue de ces études, dira ce qu'il est possible de faire, dans et à côté du parc. Nous discuterons aussi de compensation pour le manque à gagner. Mais nous n'accepterons aucun autre projet éolien.


Question : Pourquoi votre réticence, voire votre opposition vis-à-vis de l'hydrolien ?


Réponse :A en croire nos dirigeants, à commencer par la Ministre [de l'environnement] Delphine Batho, nous allons pouvoir vivre de nos rentes à partir de 2020 avec cette nouvelle Silicon Valley que représentent les EMR (Energies Marines Renouvelables) ! Nous sommes bien conscients du développement économique et portuaire que portent ces projets. Mais nous aussi, nous existons. La reconversion, nous ne voulons pas en entendre parler. A cause de l'offshore, certains ports de pêche anglais ont disparu. Nous voulons continuer de travailler dans le Raz Blanchard et ses abords. Sur les ports de Dielette et d'Omonville, des jeunes pêcheurs se sont installés et y travaillent les casiers. Les pélagiques viennent aussi pour le bar et la daurade ...

Question : Que proposez-vous ?

Réponse : Nous sommes contre le mitage des fermes hydroliennes pilotes. Si plusieurs opérateurs sont intéressés, qu'ils se regroupent pour éviter la multiplication des câbles et des atterrages. C'est ce qui a été fait pour l'exploitation des granulats devant Deauville et Honfleur : les opérateurs ont créé un GIE (Groupement d'Intérêt Economique). Nous souhaitons aussi la création d'un fonds régional d'investissement dédié à la pêche, qui pourrait être financé par les énergéticiens de l'éolien et de l'hydrolien. Si leurs projets se concrétisent, cela  entraînera des déplacements de flottilles. Alors donnons-nous ainsi la possibilité de moderniser ou remplacer nos unités vieillissantes. Les idées ne manquent pas.



We have to keep in mind the 3 ongoing projects :
  • the offshore wind farm of Courseulles (1st French offshore wind round in april 2012)
  • Several tides projects around the Cotentin off Raz Blanchard [GdF Suez, CMN]
  • The building of 2 construction plants in the Cherbourg port (quai des Flamands - Alstom). A port facility emprovement will be funded, for € 40M, which will dobble the onshore capacity - works will be ened by late 2014.

We do not want a reconversion!


Daniel Lefevre, president of the regional committee for fishermen is interviewed.

Question: What were the criteria agreed by fishermen to accept a windfarm in Courseulles, although it is located on a major Scallop fishing ground?

 Answer: in the first round, the area initially covered around 100 km² but the Regional Committee only agreed for 30. We discussed a lot with EDF (French company producing electricity - Electricité de France) as well with Gaz de France (another French Energy Company). EDF finally reduced the area to 70 km² thanks to the use of more powerful wind turbines and also proposed a grounding of the cables. The Alstom wish to settle in Cherbourg made us agree. A charter of collaboration signed with EdF assessed the impacts, in particular on scallop fishing, and enabled us to engage into experimental trawl and fishnet fishing trips. A nautical commission will tell us after the studies what is possible to do (how to maintain fishing activities) inside and outside the windfarm. We will also discuss about compensations for the loss of the earnings. But we will never agree for another windfarm.

Question: Why are you doubtful and even opposed to tidal renewables?

Answer: According to our Elected people, including our Environment Minister Mrs Delphine Batho, we will earn a lot of money [from compensation] until 2020 thanks to this new Silicon Valley of the renewable energies. We are fully aware of the economical potential of the Marine renewables, both for employment harbour development. But fishermen still exist and we are there too. We don't want to listen to reconversion. Because of offshore industry, some English fishing harbours vanished. We still want to work off and around the Raz Blanchard.Young trap fishermen have just settled in Dielette and Omonville fishing harbours. Pelagic fishermen also come there to catch seabass and seabream.

Question: what do you propose?

Answer: We are against the sea sprawl by tidal farms. If several candidates want to get involved, we suggest them to group in order to limit the number of cables [bringing back electricity to the shore] and onshore facilities. That is what has been done regarding marine aggegate exploitation off Deauville and Honfleur: the companies joined into a group of economical interest [in French GIE]. We also suggest to create a regional fund to invest in fisheries, which can be funded by energy developers. If their projects succeed, fishing fleets will have to move from their fishing grounds. So we need to rebuild or modernize our old fishing boats to enable them to move futher off. We don't lack ideas.